Des services de garde pour tous

Publi le vendredi 17 septembre 2004

Vendredi 17 septembre 2004

Les poupons : le nerf de la guerre

En cette belle journée de septembre, j'ai fait un petit détour par le Centre de la petite enfance Chez-vous Chez-nous, dans l’arrondissement Villeray.

Son directeur, M. Éric Guindon, m'a expliqué qu'il n'y aurait pas de nouvelles places pour les poupons avant longtemps, car le financement d’installations adaptées pour cette clientèle est insuffisant. Il ne pouvait donc pas demander des places supplémentaires pour les enfants de moins de dix-huit mois.

Je me suis donc tournée vers la candidate libérale de Laurier-Dorion, Mme Voula Neofotistos à qui j’ai demandé ce qu'elle pensait de cette situation. À son avis, la demande doit venir du milieu, c’est-à-dire, des responsables des services de garde. Si ces derniers ne sollicitent pas un nombre accru de places pour les poupons en raison du financement insuffisant, le ministère ne pourra répondre à la demande. L’œuf ou la poule? Si les responsables des CPE ne réquisitionnent pas des places pour les poupons, comment le ministère parviendra-t-il à répondre à la demande? Les uns renvoient la balle aux autres…

Places à 7$ pour poupons refusées!
Pourtant, la responsable de la garderie privée Les petits pas, où est inscrit mon fils, m’expliquait que le ministère de l’Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille (MESSF) lui avait refusé de subventionner les places de sa nouvelle pouponnière. Son tarif : 35$ par jour pour les poupons.

Au MESSF, Mme Louise Comeau, conseillère au développement des services de garde pour la région de Montréal, m’a expliqué pourquoi.

D’abord, j'ai appris que l’arrondissement Villeray, malgré sa pénurie de places à 7$, était moins dépourvu que d'autres arrondissements de Montréal à ce chapitre. Conséquemment, dans Villeray, une seule garderie pouvait recevoir des places à contribution réduite pour poupons. Et pour ça, il fallait qu’elle soit déjà en activité. Ainsi, des " places à 25$ " actuelles ont été converties en " places à 7$ ".

La responsable de la garderie Les petits pas, s'est vue refuser les places subventionnées, car ses installations n'étaient pas prêtes au moment de sa demande. Cette conversion a donc bien servi les parents déjà clients de la garderie en question, mais non les nouveaux venus dans le réseau.

Intervention politique nécessaire
Si nous avons tant de difficultés à obtenir des places pour nos enfants de moins de dix-huit mois, c’est qu’il n’existe pas de règlement ou de politique obligeant les responsables de CPE ou de services de garde en milieu familial à créer des places pour les poupons.

Mais il ne faut pas oublier que ces derniers n’en font pas la demande, faute de financement adéquat. Ces places coûtent plus cher : des installations particulières doivent être mises en place et le nombre de poupons par éducatrice est moins élevé. Aussi, dans une pouponnière, une éducatrice a sous sa responsabilité un maximum de cinq enfants. Une éducatrice régulière en a droit à huit.

Pourtant, selon le directeur du CPE Chez-vous Chez-nous, les places pour poupons reçoivent le même financement que les places pour les enfants plus âgés. Il y a donc un manque à gagner important qui n’incite pas les CPE à offrir ce service. Dès lors, de nombreux CPE ouvrent leurs portent seulement qu’aux enfants âgés de plus de deux ans. La situation est similaire en milieu familial.

Cul-de-sac? Le Ministère doit-il légiférer pour obliger la création de places pour poupons? Doit-il mettre de l'avant des incitatifs financiers pour répondre aux besoins de cette clientèle? Puisque le congé parental est de tout au plus douze mois, la politique des services de garde ne devrait-elle pas être harmonisée avec cette réalité? Si j'ai bien compris, seule une intervention politique pourra améliorer la situation.

Bonne journée!

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Écrit par maman_lapin | Permalien | |

6 Commentaires :

Commentaire écrit le vendredi 8 juillet 2005 à 10:36:53 (lien)
jeune maman
Je suis rassurée de voir que je ne suis pas la seule dans cette situation. J'ai moi aussi réservé auprès d'une CPE lorsque j'étais enceinte. Malgré ma réservation, l'on m'a expliqué que les entrées se fesaient au mois de septembre. Donc j'ai perdu ma place au profit de ceux ayant réservé pour la rentrée (sept.)ma réservation étant fait pour le mois de novembre. Alors la solution est peut-être de tomber enceinte au mois de novembre et ainsi avoir sa place au mois d'aout ou sept. Ridicule! Non! Je crois que le gouv. devrait prévoir des semaines de congé parental add. pour les gens n'ayant aucune autre ressource!
Valérie


Commentaire écrit le mercredi 27 avril 2005 à 12:52:40 (lien)
Julie Rivard
Je suis dans un perpétuel état d'angoisse par rapport aux garderies. J'ai inscrit mon fils à mon premier mois de grossesse. Il aura bientôt un an et je n'ai toujours rien trouvé ! Et je ne peux aucunement prolonger mon séjour à la maison car je suis enseignante et je dois absolument être là à la rentrée des classes ! De plus, la presque totalité des CPE et garderies dans mon quartier (vieux-québec) sont en priorité pour les employés du gouvernement et de la ville ! Je suis outrée que les gens du quartier n'aient aucune priorité. Au risque de paraître vulgaire, "où vais-je domper mon fils" lors de mon retour au travail ? Je suis prête à payer, mais le problème ne se trouve pas là. Même si je voulais débourser 30$ par jour pour une garderie privée, les places ne sont toujours pas disponibles, sans compter que les adresses des garderies privées sont un vrai mystère. Non seulement il faut des "contacts" pour avancer dans sa carrière, mais il faut aussi des passe-droits et des "contacts" pour trouver une place pour nos p'tits amours d'enfants ! Au Québec, nous n'avons aucun projet de société et nous favorisons aucunement la famille. Je suis révoltée par mon propre peuple. Rien de moins !
Julie


Commentaire écrit le dimanche 3 octobre 2004 à 23:43:52 (lien)
Christine
Bonsoir M. Lachance,

Merci beaucoup pour vos encouragements! Si mes parents vivaient à proximité, j'imagine qu'ils nous rendraient aussi de fiers services! Bravo à vous aussi! C'est super de voir les grands-parents qui s'impliquent ainsi!

Amitiés,
C.


Commentaire écrit le mercredi 29 septembre 2004 à 15:37:39 (lien)
J.Yvon Lachance
FÉLICITATIONS POUR VOTRE INITIATIVE DE DÉMARRER VOTRE SITE BLOGUE.
JE SUIS UN GRAND-PÈRE ET JE SUIS EN FORTE DEMANDE AUPRÈS DE MES ENFANTS ET PETITS-ENFANTS POUR EN ASSURER LA GARDE. MA FILLE A DÛ TRAVAILLER TRÈS FORT AU C.A DE SA GARDERIE POUR OBTENIR LA SUBVENTION À 7.00$.
NE LÂCHEZ PAS ET CONTINUEZ LE COMBAT.les garderies devraient recevoir plus pour chaque poupon à l'équivalence des autres enfants..Bonne journée.


Commentaire écrit le vendredi 17 septembre 2004 à 08:56:51 (lien)
Christine
Bonjour Jeune papa

Oui, on nous dit aussi de faire du porte-à-porte, mais le problème, c'est qu'il n'y a pas de liste des services en milieu familial. Sans les adresses, qui souvent sont confidentielles - c'est ce qu'on m'a dit au CPE - comment trouver ces services en milieu familial? Le directeur du CPE m'a dit d'aller me promener au parc pour rencontrer les éducatrices. Je ne suis pas d'accord avec cette méthode - j'ai l'impression de racoler! C'est peut-être le seul moyen, mais ce n'est pas très standard!

Et vous avez raison, le congé parental n'est que pour les salariés. Mon chum est travailleur autonome et n'a droit à rien. NADA.
Bonne journée!


Commentaire écrit le vendredi 17 septembre 2004 à 08:47:46 (lien)
Jeune Papa
En région, c'est peut-être un peu moins "tendu" qu'à Montréal, mais la façon dont on a trouvé rapidement des places pour poupons pour notre bébé, c'est surtout pas par les listes d'attentes. Il faut faire du porte-à-porte auprès des milieux familiaux.

Quant aux congés parentaux payés de 12 mois, c'est pour les salariés seulement !


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