Bonjour, Il y a quelques semaines, avec la collaboration d'autres parents, une lettre ouverte à l'intention de la ministre Théberge a été envoyée à La Presse et au Devoir. Plus de 25 parents ont signé cette lettre, mais elle n'a jamais été publiée. J'imagine que le sujet des garderies n'est plus d'intérêt. Malheureusement, personne ne semble réaliser que la politique ne se résume pas à quelques discours vides de sens, à des discours préfabriqués par des agents de relations publiques obsédés par le pouvoir de l'image. Bref, en attendant, voici la fameuse lettre. Une copie de cette lettre a été envoyée à la ministre déléguée à la famille, Carole Théberge, à M. Claude Béchard, le ministre responsable du ministère de l'Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille ainsi qu'à M. Jonathan Valois, le porte-parole de l'opposition en matière de famille et de conciliation travail-famille. Bonne Saint-Jean! ----- Original Message ----- From: To: ministre@messf.gouv.qc.ca ; jvalois@assnat.qc.ca ; Carole Théberge Cc: Sent: Thursday, June 24, 2004 2:07 PM Subject: Fw: lettres : Garderies : un Québec fou de ses enfants? Mme Carole Théberge, ministre délégué à la famille M. Claude Béchard, ministre de l'Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille Nous sommes plus d'une vingtaine de parents qui souhaitons réagir au désaveu de la ministre déléguée à la famille, Mme Carole Théberge, vis-à-vis de l'enquête sur la qualité des services de garde, « Grandir en qualité » (voir : http://ledevoir.com/2004/06/04/56165.html - 4 juin 2004). Ci-jointe, une lettre à laquelle nous souhaitons vivement obtenir des réponses avant la fin de l'été! Cette lettre sera publiée intégralement à l'adresse suivante : http://garderies.monblogue.com CC: Jonathan Valois, porte-parole de l'opposition officielle en matière de famille et enfance et de conciliation famille-travail ____________________________________________________________________________ Montréal, 14 juin 2004 Garderies : un Québec fou de ses enfants? L’étude de l’Institut de la statistique du Québec sur la qualité des services de garde a fait dresser les cheveux sur la tête de plus d’un parent dans la province. Selon le rapport de cette étude, " Grandir en qualité ", la qualité des services offerts dans l’ensemble du réseau québécois de garderies est " passable ". Quelques exemples : dans les garderies privées, parmi les groupes d’âges des 18 mois-5 ans, quatre enfants sur dix fréquentent un établissement dont la qualité d'ensemble " ne correspond pas aux principes du programme éducatif ". Dans le réseau public, et pour le même groupe d’âge, sept enfants sur dix se retrouvent dans un environnement " où on relève la présence d'un ou plusieurs éléments pouvant mettre en cause leur sécurité ". À la qualité déficiente des services de garde s’ajoute une liste de symptômes qui témoignent de la désorganisation actuelle de tout le réseau. Ces lacunes ne sont pas nouvelles : elles ont toutes déjà été identifiées lors des consultations publiques sur le financement et le développement des services de garde, consultations qui se sont tenues en 2003. Parmi les failles les plus flagrantes, notons le manque de transparence dans la gestion des listes d'attente, l’attribution aléatoire des places à 7$ et l’interminable attente pour en obtenir une, le manque de places pour les enfants de moins de 18 mois, la difficulté d’obtenir une place en garderie après le mois de septembre, etc. Ce n’est que le reflet d'un malaise beaucoup plus profond. Ce chaos démontre à quel point ce " système " souffre d’une absence de vision. Aussi ne doit-on pas se surprendre que la qualité des services de garde dans leur ensemble s’en trouve profondément affectée. Mais face à cette situation, la ministre de l’Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille, Mme Carole Théberge s’empresse de dévoiler son plan d'action d'amélioration de la qualité des services sans tenir compte des résultats de cette enquête. Pourtant, à l’occasion d’une entrevue au Téléjournal de Radio-Canada le 6 octobre 2003, Mme Théberge affirmait que l’étude " Grandir en qualité " allait " offrir plusieurs pistes de solutions " pour hausser la qualité du réseau. Pourquoi cette volte-face, Mme Théberge? Aimons-nous nos enfants? Comment diable, nous, les parents pouvons-nous laisser nos élus disposer de ce dossier avec si peu de sérieux? Comment pouvons-nous accepter, tête baissée, les petites misères de ce système? Comment pouvez-vous vous assurer que les services offerts dans votre CPE ou votre garderie privée sont adéquats? Votre enfant vous dira-t-il que les jouets sont malpropres ou que l'éducatrice ne s'est pas lavé les mains pendant la journée? Et si vous êtes insatisfait, quels sont vos recours? Croyez-vous pouvoir changer votre enfant de CPE ou de garderie du jour au lendemain? Il est plus que temps de se ressaisir et d'exiger de nos élus un plus grand respect de nos préoccupations. Et dans ce cas-ci, nous devons exiger d'eux tout l'amour et le respect qui revient à nos joyeuses petites frimousses. Qu'attendons-nous de nos services de garde? Nous désirons un système fiable en tout point. Nous voulons la certitude d'obtenir une place pour nos enfants quand nous en avons besoin. Nous voulons être en mesure de choisir l'établissement et obtenir la garantie qu'il réponde à des normes strictes, que ses éducatrices soient adéquatement formées, que les règles d'hygiène et de sécurité y soient respectées à la lettre et que l'établissement propose un programme éducatif stimulant. Qui plus est, ce service se trouvera à proximité de notre domicile ou de notre lieu de travail, selon notre convenance. Si nous avons plus d'un enfant, ils pourront tous deux fréquenter le même service de garde et si le plus jeune est un poupon, il n'aura pas à attendre l’âge de 18 mois pour accéder à la garderie. Et si nous déménageons, nous serons assurés de trouver une place pour nos petits dans la nouvelle municipalité, à la date voulue. Et ce réseau sera soutenu par l'ensemble des contribuables. Est-ce une utopie? Pouvons-nous espérer que les services de garde éducatifs et de qualité soient désormais considérés comme une nécessité de premier ordre au Québec? N’oublions pas que nous parlons du sort de nos enfants. Les aimons-nous assez pour se donner la peine d’élaborer des services de garde adaptés à nos réalités, qui répondent à des normes de sécurité contrôlées? Le Québec est-il suffisamment fou de ses enfants pour offrir des services qui leur permettront de s’épanouir et qui éviteront à leurs parents un monumental casse-tête?
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