Des services de garde pour tous

Publié le lundi 3 mai 2004

Lundi 3 mai 2004

Loto-garderie : on s'habitue à attendre...

Bonjour,
 
Voici la lettre que j'ai envoyée à mon député, M. Christos Sirros (Laurier-Dorion) ainsi qu'à Mme Carole Théberge, ministre déléguée à la famille et député de Lévis.  Je les mets au défi de trouver une place en garderie pour mon fils en janvier prochain, alors qu'il aura 11 mois.
 
Je vous invite à la faire circuler auprès d'autres parents qui ont des difficultés semblables pour trouver une place en garderie pour leurs enfants. 
 
----- Original Message -----
From:
Sent: Monday, May 03, 2004 11:10 AM
Subject: Loto-garderie : on s'habitue à attendre...

À l'attention de :

Madame Carole Théberge, ministre déléguée à la Famille et député de Lévis
Monsieur Christos Sirros, député de Laurier-Dorion

Loto-garderie : on s’habitue à attendre…

Je suis l'heureuse maman d'un charmant poupon né le 20 février dernier. Puisque je retournerai au travail en janvier 2005, j'ai entrepris des démarches pour qu’il soit alors en garderie. J'ai imprimé la liste des services de garde du ministère de l'Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille (http://www.mfe.gouv.qc.ca/serv_garde/index.asp), et je me suis mise au boulot.

Entre deux tétées, j'ai téléphoné à plus d'une trentaine de garderies à but lucratif et non lucratif et de centres de la petite enfance (CPE) de mon quartier (Villeray - circonscription Laurier-Dorion).

Pas de place pour les poupons

À mon grand désarroi, j’ai constaté qu’il n’y avait pas de place pour les poupons. Environ la moitié des services de garde de mon quartier acceptent les enfants de moins de 18 mois. Les places pour les poupons sont déjà toutes comblées et les listes d'attente sont interminables. On m'a laissé entendre que mes chances d'obtenir une place pour janvier prochain étaient très minces. Aurais-je dû l’inscrire avant sa conception?

Au CPE St-Denis, par exemple, on m'a demandé de rappeler en juin, puisque la liste d'attente compte plus de 1500 noms. Au CPE St-Édouard, on m’a prévenue qu’il y avait deux ans d’attente. Même les garderies à but lucratif sont débordées et leurs responsables ne se sont pas montrés plus encourageants.

À bien des endroits, on accueille les nouveaux bambins qu’en septembre. Mais qu’arrive-t-il à tous ceux qui ont besoin d’une place au milieu de l’année? Si à tout hasard on m’appelait pour m’offrir une place en septembre 2004, devrai-je accepter d’envoyer mon bébé à la garderie alors qu’il n’aura à peine 6 mois? Et si je refuse, devrai-je attendre jusqu’en septembre 2005? C’est en janvier que je dois retourner au boulot… pas avant ni après.

Vous prévoyez créer au Québec plus de 12 000 places en garderies d'ici mars 2006. De ce nombre, combien y en aura-t-il pour les poupons de moins de 18 mois? Si je ne trouve pas de place pour mon fils en janvier 2005, devrai-je alors me l’attacher au dos?

Listes d’attente : et la transparence?

Si j'ai bien compris, chaque CPE, chaque garderie en milieu familial, à but lucratif ou non, a une liste et la gère à sa discrétion. Pourtant, un peu par hasard, j'ai découvert la Liste d'attente de la province de Québec par Internet (http://www.babillard.net ). Pour la région de Montréal, il n'y a pourtant que trois CPE d'inscrits (CPE St. Mary, CPE Chez-nous Chez-vous et CPE Université de Montréal). Qui gère cette liste? A-t-elle préséance sur les autres listes?

J’ai aussi trouvé une autre liste " centralisée ", celle du réseau Enfance-famille (http://www.enfancefamille.org). Pour le quartier Villeray, seules trois CPE figurent dans le répertoire (Les Turbulents, Graffiti et Les Gardelunes). Au fait, ne serait-il pas pertinent d’ajouter ces adresses sur le site du ministère de l’Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille?

Comment les listes d’attente sont-elles gérées? Premier arrivé, premier servi? Au fil de mes démarches, on m’a conseillée d’inscrire mon fils sur toutes les listes d’attente. Si tous les parents font de même, combien d’inscriptions se dédoubleront?

Le système actuel ne permet pas non plus aux parents de connaître avec exactitude le rang qu’occupe son enfant sur la liste d’attente. Les rumeurs de favoritisme sont si fréquentes qu’on se demande s’il n’y a pas un système parallèle d’attribution des places en garderie.

Ah oui, et si nous prévoyons déménager dans un an et demi ou deux ans, comment pourrais-je m'assurer que mon fils aura une place en garderie là où nous habiterons? Dois-je déjà l’inscrire dans tous les services de garde de la Rive-Sud et de la Rive-Nord de Montréal?

Attribution inéquitable

Si j’ai bien compris, les places à 5 $ par jour (maintenant 7 $) ont été créées dans le but d’alléger le fardeau financier des parents. L’idée en soi n’est pas mauvaise, mais ne faudrait-il pas être en mesure d’offrir ces places à tous les citoyens? Pourquoi faut-il parfois attendre jusqu’à 2 ans pour obtenir une de ces places tant convoitées? Et si les places sont si rares, ne devrait-on pas les attribuer en suivant certaines règles? Par exemple : privilégier les parents qui travaillent?

Récemment, votre gouvernement a annoncé une mesure qui permettrait aux parents d’être remboursés pour les frais de garde quatre fois par année plutôt que d’attendre le remboursement d’impôt. Il s’agit d’une excellente initiative dans le cas où les parents choisissent en toute liberté d’envoyer leur enfant dans un service de garde à but lucratif. Mais quand on y est contraint, on se trouve quand même à payer plus cher, non?

Pourquoi dois-je payer plus parce qu’il y a pénurie de places à 7 $?

Le manque de place débouche sur l'option de devoir envoyer notre enfant dans une ville ou un territoire éloigné. Avec un horaire familial et professionnel chargé, nous n'avons aucunement le luxe d'ajouter à nos matins et à nos soirs d'épuisants détours. Croyez-vous vraiment qu’il s’agit d’une option à considérer?

Le droit de choisir, mon œil

Dans le site du ministère de l’Emploi, de la Solidarité et de la Famille, on affirme que le choix d’un service de garde est un droit reconnu aux parents :

" Le gouvernement du Québec reconnaît aux enfants le droit de recevoir des services de garde de qualité, et aux parents , le droit de choisir les services de garde qui correspondent le mieux à leurs besoins ". (1)

Comment pouvons-nous choisir si la demande écrase l’offre?

Et dans ce contexte, comment pouvons-nous négocier les ententes de services? Par exemple, bien des services de garde en milieu familial font payer les parents même les jours fériés et pendant les vacances de la gardienne ou des enfants. Les éducatrices elles, réfutent que c’est tout à fait légitime puisqu’elles sont travailleuses autonomes et que leurs vacances et journées fériées ne sont pas rémunérées. La pratique est courante et légale et fait partie de l’entente de service.

Pourquoi revient-il seulement aux parents d’assumer ces coûts?

Vu le manque de place en garderie, impossible d’obtenir une garderie pour notre enfant (et par le fait même de choisir une garderie parmi d’autres) et impossible de négocier les conditions de l’entente de service non plus. Et puisque les garderies, CPE et autres peuvent choisir les enfants qu’elles accueillent, les parents n’ont pas le gros bout du bâton!

Garderies : une responsabilité collective?

Avant de commencer mes démarches, je savais qu’il y avait un manque de places, mais j’ignorais à quel point la situation frisait le ridicule. J’ai compris que tous les parents n’ont d’autres choix que d’affronter l’incertitude. Tout le système de gestion des services de garde est à revoir : la création de places pour les enfants de moins de 18 mois, la gestion des listes d’attente, l’attribution des places à 7 $, la gestion des frais de garde. Essentiellement, il est plus que temps de rétablir l’équilibre entre l’offre et la demande et de rendre aux parents le droit d’obtenir ce service et de choisir.

Laisser son emploi en raison d’une pénurie de places ou d’une coûteuse garderie privée est inacceptable. La mise en place et la gestion de services de garde accessibles et équitables doivent être assumées collectivement. Ceci signifie que les instances gouvernementales doivent se donner les moyens d’assumer la saine gestion de ces services.

Maintenant que mon fils est inscrit dans plus d’une trentaine de services de garde, il ne me reste qu’à attendre que mon numéro sorte. Si aucune place ne se libère pour janvier prochain à mon retour au travail, devrai-je quitter mon emploi? Mon conjoint devra-t-il laisser le sien? La conciliation travail-famille commence par des services de garde accessibles pour tous au moment où nous en avons besoin. C’est un devoir collectif.

Et je vous mets au défi de lui trouver une place dans mon quartier pour janvier prochain!

 

***

(1)  http://www.mfe.gouv.qc.ca/serv_garde/parents/pour_votre_enfant/index.asp


Écrit par maman_lapin | Permalien | |

7 Commentaires :

Commentaire écrit le mercredi 3 septembre 2008 à 14:53:28 (lien)
E-N. C
Pendant que je patiente une place à la garderie pour deux enfants, je vis une contrainte, qui me pousse à m\'autofinancer mais sans revenus, car mon congé de maternité est terminé depuis deux mois. Pourtant je pourrais obtenir une subvention en attente d\'une place à la garderie, c\'est une solution valable parce que le problème des places en garderies ne cesse d\'augmenter d\'années en années.
et à force de décrier qu\'il n\'y a pas assez de place, on oublie qu\'il y a de la place chez soi pour ses bambins (contraint ou non) et on a pas de reconnaissance pour assumer ce rôle adéquatement: il faut remettre les allocations familiales aux bonnes places et les subventions aux bonnes personnes au bon moment! Le temps d\'attente appauvrit: souvenez-vous en!


Commentaire écrit le mercredi 27 août 2008 à 11:59:40 (lien)
Annie Trudel
Bonjour,

J'ai 26 ans et j'hésite encore à avoir des enfants à cause entre autre des garderies. Je suis en début de carrière, je viens d'acheter une maison je n'ai alors pas les moyens de prendre six mois sans solde pour garder mon enfant, et ce même si c'est cela qui me ferai plaisir. Donc, je devrais planifier mon accouchement avec la rentrée ?


Commentaire écrit le vendredi 6 juin 2008 à 23:51:24 (lien)
J. Samuel
Nous voilà en 2008, et rien n'a changé. Je dois me tourner vers les services de garde privés pour mon garçon âgé de 11 mois (225$/semaine), le CPE de mon quartier (situé à moins d'une minute de marche de chez moi) m'ayant confirmé (après avoir insisté) qu'étant donné mon rang sur la liste d'attente, il est plus probable qu'ils ne me rappellent jamais. La garde en milieu familial: aucune place pour les poupons de moins de 18 mois!!! Ils ont le choix de leur clientèle...bien sûr... C'est très frustrant.

Pour un service essentiel à la collectivité, c'est tout un manque d'équité entre les citoyens. Le gouvernement doit investir et créer MAINTENANT suffisamment de places pour répondre à la demande, et mieux la gérer ! D'autant plus que celle-ci est appelée à augmenter au cours des années à venir avec le mini baby boom que le Québec semble connaître. Parents, il faut se mobiliser et décrier la situation inéquitable qui perdure depuis trop longtemps.


Commentaire écrit le mardi 4 décembre 2007 à 15:44:23 (lien)
Maman Vicky
Nous sommes le 4 décembre. Je comprends votre situation!!! Je suis maman de deux enfants et moi aussi j'ai dû prolonger mon retour au travail de 6 mois et ce, à mes frais faute de place pour mon deuxième enfant. Afin de concillier travail et famille, je travaille 24 heures par semaine et le cégep une journée. De plus, j'ai dû payer les frais de la garderie car le CPE n'a pas ouvert à cause de la tempète. Donc j'ai dû payer la garderie et perdre une journée de salaire. Excusez-moi mais pouvez vous me dire où est la logique!!


Commentaire écrit le lundi 19 novembre 2007 à 10:28:29 (lien)
Fati
Bonjour,

C'est très difficile de trouver une place en garderie mais c'est possible. Je vous donne ce site : http://www.latrottinettecarottee.com/places.php

Vérifiez de temps en temps en cliquant sur le lien places disponibles et vous pouvez juste contacter la responsable de service de garde pour inscrire votre poupon.

Bonne chance.



Commentaire écrit le lundi 10 septembre 2007 à 12:31:25 (lien)
J.-R. Boutin
Et ce n'est pas tout. Il faut ajouter que l'on doit payé même quand on consomme pas. Genre les congés fériés, les vacances. Et quand on se plaint de ce fait on se faite répondre que c'est partout pareil et que si on est pas content on n'a qu'à allé ailleurs, car on a des clients à la tonne qui eux accepteront de payé anyway. Pour sauver les congé férié j'ai suggéré de le placé seulement 4 jours semaines. Pour payer uniquement 4 jours il faut que ça soit toujours la même journée que l'enfant est absent. Sinon on doit payé 5 jours même si on en consomme que 4. Je ne vois pas la logique de payer pour un service qu'il n'offre pas de toute façon ( congé férié). Vraiement de la belle merde ces CPE du gouvernement. De plus on peu uniquement les faire entré en septembre donc si on le veut pour janvier c'est fichu. Nous avons décidé d'aller vers le privé ou ça coutera un peu plus cher mais on payera uniquement lorsque l'on consommera.


Commentaire écrit le dimanche 6 février 2005 à 14:58:10 (lien)
M-P.P
Je dois vous dire que j'en ai des frissons à vous lire, car cela me reporte en 1998 ou j'ai dû être confronté comme vous à me demander ce que j'allais faire au terme de mon congé de maternité. finalement, j'ai été favorisée et j'ai obtenu une place dans un excellent cpe. Ça me reporte aussi en 2002 où j'ai dû changer de quartier, mais aucune place disponible même après 3 années d'attentes pour accueillir mon enfant.Je fais donc un trajet beaucoup trop long et j'enlève une place pour un enfant de ce quartier. Quoi vous dire? je ne peux même pas encourager cette maman, je peux juste lui souhaiter la meilleure des chances et vous remercier d'avoir écris cette lettre qui parle pour tant de parents démunis...
en terminant, il ne faut pas juste compter sur une garderie pour nos enfants, mais aussi il faut valoriser pour eux un milieu de vie qui sera pour de qualité et ou le personnel sera formé!


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